Il y a deux types de solitude.
Celle qu’on subit. Et celle qu’on choisit.
Pendant longtemps je n’ai connu que la première. L’enfant seul dans la cour de récréation. L’adolescent dans la chambre froide du pensionnat. L’homme à la rue sans personne. Celui qui donne tout et reçoit peu. Celui qui disparaît des radars dès qu’il cesse d’être utile.
Cette solitude-là n’est pas douce. Elle pèse. Elle isole. Elle confirme les vieilles croyances sur sa propre valeur.
Et puis il y a l’autre. Celle que j’apprends à choisir.
La solitude choisie
Depuis que je suis en arrêt maladie j’ai redécouvert quelque chose que j’avais oublié. Le plaisir d’être seul avec moi-même.
Pas l’isolement. Pas le vide. La solitude active. Celle où on lit, on réfléchit, on écrit, on apprend, on observe. Celle où on se retrouve sans avoir à se justifier, à se rendre utile, à performer pour les autres.
Je me lève le matin et j’ai des heures à moi. Pour penser. Pour construire. Pour être curieux sans limite et sans jugement.
C’est une forme de liberté que je n’avais jamais vraiment connue.
Le mécanisme
Otto confond solitude et abandon. Parce que dans son expérience être seul a toujours signifié avoir été laissé. Alors il cherche en permanence la présence des autres, même quand cette présence ne nourrit pas vraiment, même quand elle demande plus d’énergie qu’elle n’en donne.
Apprendre à choisir sa solitude c’est apprendre à faire la différence entre être seul et être abandonné. C’est comprendre que la présence à soi-même est une forme de compagnie. Peut-être la plus importante.
Ce que ma solitude m’a appris
Dans cette solitude choisie de ces quatre mois j’ai découvert des choses sur moi que 20 ans d’agitation n’avaient jamais laissé émerger. Des envies. Des talents. Des façons de penser. Une voix qui avait quelque chose à dire et qui n’avait jamais eu vraiment l’espace pour le dire.
Ce blog en est la preuve. Ces articles viennent de là. De cette solitude productive où je me retrouve avec moi-même sans distraction, sans performance, sans masque.
La question
Est-ce que tu sais être seul sans te sentir abandonné ?
Et toi, quelle partie de toi n’a jamais eu l’espace et le silence nécessaires pour se montrer ?
Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.
Stiv
