J’ai 46 ans. Mes collègues en ont entre 25 et 35.
Dix ans d’écart. Deux générations. Deux façons de voir le monde, de communiquer, de donner de la valeur aux choses.
Pendant 20 ans j’ai comblé cet écart. J’écoutais leurs préoccupations, je m’intéressais à leur univers, je trouvais des ponts entre leur monde et le mien. Et ça fonctionnait tant que j’étais là, présent, utile, disponible.
Puis je suis parti. Et le pont s’est effondré.
Ce que le silence révèle
Quatre mois sans un message. Sans un appel. Sans une visite.
Au début j’ai cherché les raisons. Ils sont occupés. Ils ne savent pas quoi dire. Ils ont peur de déranger. Toutes les explications bienveillantes que je pouvais trouver pour protéger ce que je croyais être des amitiés.
Puis j’ai arrêté de chercher des excuses et j’ai regardé la réalité en face.
Ces relations existaient dans un contexte précis. Le travail, le quotidien partagé, la proximité forcée. En dehors de ce contexte elles n’avaient pas de fondation. Pas parce que les gens sont mauvais. Parce que certaines relations sont faites pour un moment, un lieu, une période de vie. Pas pour durer au-delà.
Le mécanisme
Otto confond présence et profondeur. Parce qu’on partage un café chaque matin depuis 5 ans il conclut qu’on est proches. Parce qu’on se confie des galères du quotidien il conclut qu’on est amis.
Mais la proximité n’est pas la profondeur. Et la régularité n’est pas l’attachement.
L’enfant qui n’a pas eu de relations stables et durables cherche à en construire partout où il peut. Et parfois il investit plus dans ces relations que ce qu’elles peuvent lui rendre.
Ce que j’apprends
Ces 4 mois m’ont appris quelque chose d’important : je mérite des relations qui existent en dehors du contexte. Des gens qui pensent à moi quand je ne suis pas là. Des gens avec qui je partage pas juste un espace mais une vision, une curiosité, une façon de voir le monde.
À 46 ans il est peut-être temps de construire ces relations là. Avec des gens qui ont les mêmes ambitions, la même maturité, les mêmes centres d’intérêt. Pas pour remplacer ce qui était. Pour construire ce qui n’a pas encore existé.
La question
Est-ce que certaines de tes relations existent vraiment ou seulement dans le contexte qui les a créées ?
Et toi, si tu retirais le travail, le quartier ou la famille de l’équation, avec qui resterait-il quelque chose de réel ?
Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.
Stiv
