La reinvention de soi — qui la pilote vraiment ?
À 46 ans, en arrêt maladie, avec un dos qui refuse de plier, j’aurais pu attendre.
Attendre que ça passe. Attendre de retourner au travail. Attendre que la vie reprenne son cours normal.
Je n’ai pas attendu.
Pas par héroïsme. Par nature. Parce que l’immobilité m’a toujours été plus difficile à supporter que le mouvement, même douloureux. Parce que ma curiosité ne s’arrête jamais vraiment. Parce que quelque part en moi, depuis toujours, il y a cette conviction que chaque arrêt est une invitation à regarder dans une direction qu’on n’avait pas encore explorée.
Ce que 20 ans dans la grande distribution m’ont appris
J’ai commencé sans diplôme, sans expérience, avec juste la volonté de construire quelque chose. Et j’ai construit. Un poste, une équipe, des compétences, des relations. J’ai appris à gérer, à écouter, à former, à résoudre.
Mais quelque part dans ces 20 ans quelque chose s’est étouffé progressivement. Cette curiosité pour le fonctionnement humain, cette passion pour comprendre pourquoi les gens font ce qu’ils font, cette capacité naturelle à voir ce qui bloque chez les autres et à trouver les mots justes. Tout ça existait bien avant le travail. Et tout ça continuait d’exister en dehors du travail. Mais le travail prenait toute la place.
Le mécanisme
La reinvention de soi fait peur. Pas parce qu’on ne sait pas vers quoi aller. Souvent on le sait depuis longtemps. Mais parce qu’Otto préfère ce qu’il connaît, même quand c’est épuisant, à ce qu’il ne connaît pas encore, même quand c’est prometteur.
Changer de voie à 46 ans c’est accepter de recommencer. D’être novice. D’avoir peur de ne pas être légitime. De se demander qui voudrait être accompagné par quelqu’un qui vient de la grande distribution.
Et en même temps c’est exactement ça qui me rend légitime. Pas malgré mon parcours. Grâce à lui. Parce que j’ai vécu de l’intérieur ce que vivent les gens que j’accompagne. Parce que je n’ai pas appris la souffrance dans les livres. Je l’ai traversée.
Ce que je construis
Éclair Obscur n’est pas une reconversion. C’est un retour. Un retour à ce que j’ai toujours été naturellement, avant que la vie et ses contraintes ne m’en éloignent progressivement.
Le coach que je suis aujourd’hui existait déjà dans le gamin qui observait les autres dans la cour de récréation. Dans l’adolescent qui lisait les visages pour anticiper les dangers. Dans l’adulte qui trouvait les mots justes pour ses collègues sans jamais avoir été formé pour ça.
La formation, le diplôme, le cabinet, tout ça a juste donné un nom et un cadre à quelque chose qui existait déjà.
La question
Est-ce que ce que tu fais aujourd’hui te ressemble vraiment ou est-ce que tu attends encore de commencer à vivre ?
Et toi, quelle version de toi existait avant que la vie ne te dise de devenir quelqu’un d’autre ?
Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.
Stiv
