Ton besoin d’être utile pour exister — qui le pilote vraiment ?

Pendant 20 ans j’ai été là pour tout le monde.

J’écoutais. Je conseillais. Je soutenais. Je trouvais les mots quand les autres n’en avaient plus. Je voyais ce qui bloquait avant même qu’on me le dise. J’aidais les gens à se respecter, à dire non, à comprendre ce qui se passait en eux.

Et je le faisais naturellement. Comme si c’était ma raison d’être.

Puis j’ai été mis en arrêt maladie. Et du jour au lendemain, silence. Personne. Comme si j’avais cessé d’exister le jour où j’avais cessé d’être utile.

La question qui dérange

Pendant ces 4 mois de silence j’ai eu beaucoup de temps pour penser. Et une question est remontée que je n’avais jamais vraiment osé me poser.

Est-ce que je donnais par amour ou pour avoir une place ?

La réponse honnête c’est les deux. Il y avait de l’amour sincère là-dedans, je le sais. Mais il y avait aussi autre chose. Un besoin profond d’être indispensable. D’être celui sans qui ça ne fonctionnerait pas. Parce que si tu es indispensable on ne t’abandonne pas.

L’enfant de 7 ans qui devait être fort pour avoir une place dans la famille est devenu l’adulte de 46 ans qui devait être utile pour avoir une place au travail.

Otto n’avait pas changé de stratégie. Il avait juste changé de décor.

Le mécanisme

Le besoin d’être utile pour exister c’est un des mécanismes les plus répandus et les moins visibles. Il se déguise en générosité, en altruisme, en bienveillance. Et il l’est vraiment en partie.

Mais en dessous il y a une croyance très ancienne : je ne vaux quelque chose que si je sers à quelque chose. Si je cesse d’être utile je cesse d’avoir de la valeur. Et si je n’ai plus de valeur je peux être laissé.

Ce n’est pas une vérité. C’est une blessure qui a appris à se rendre invisible.

Ce que le silence m’a appris

Le silence de mes collègues a été douloureux. Mais il m’a aussi offert quelque chose d’inattendu. La possibilité de me demander qui je suis quand je ne suis utile à personne.

Et j’ai découvert que j’existais quand même. Que je valais quelque chose sans avoir à le prouver. Que ma valeur n’était pas dans ce que je donnais mais dans ce que j’étais.

C’est peut-être la leçon la plus difficile et la plus précieuse de ces 4 mois.

La question

Si tu ne pouvais plus aider personne demain, est-ce que tu saurais encore qui tu es ?

Et toi, est-ce que tu donnes par amour ou pour rester ?


Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.

Stiv

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