Tes masques — qui les porte vraiment ?

J’en ai porté beaucoup.

Le masque de l’enfant fort qui rassure ses frère et sœur alors qu’il a aussi peur qu’eux. Le masque de l’élève conforme qui respecte les règles du pensionnat alors qu’il étouffe à l’intérieur. Le masque du dur qui encaisse dans le foyer pour jeunes délinquants alors qu’il est brisé. Le masque du collègue fiable qui sourit et donne même quand il n’en peut plus.

Chaque masque avait une fonction. Chaque masque a protégé quelque chose de fragile à un moment où la fragilité était dangereuse.

Et chaque masque a coûté quelque chose.

Comment les masques naissent

Un masque ne se met pas consciemment. Il se glisse progressivement, dans les espaces où être soi-même semblait trop risqué.

À l’école quand les autres ne comprennent pas pourquoi tu penses différemment, tu apprends à penser comme eux en public et comme toi en privé. Dans la famille quand l’émotion n’est pas bienvenue, tu apprends à la cacher. Dans les groupes quand ta sensibilité est perçue comme une faiblesse, tu apprends à durcir les bords.

Et Otto enregistre chaque masque comme une stratégie efficace. Il les garde en réserve. Et il les sort dès qu’il reconnaît une situation similaire à celle qui les a créés.

Ce que les masques coûtent

Le problème avec les masques c’est qu’à force de les porter on finit par oublier ce qu’il y a dessous.

Je me suis perdu derrière mes rôles pendant des années. Le fort, l’utile, le fiable, le disponible. Et quelque part en dessous de tout ça il y avait un gamin de 7 ans qui attendait juste que quelqu’un le voie vraiment. Pas le masque. Lui.

C’est Jenny qui a vu en dessous en premier. Puis mes filles. Puis les personnes que j’accompagne. Et progressivement moi-même.

Le chemin du démasquage

Enlever un masque ne se fait pas d’un coup. C’est inconfortable, lent, parfois douloureux. Parce que le masque protège une vulnérabilité réelle. Et cette vulnérabilité a besoin d’un espace sûr pour s’exposer.

Mais chaque masque qu’on pose, c’est un peu plus d’énergie récupérée. Un peu plus d’authenticité dans les relations. Un peu plus de légèreté dans le quotidien.

Je ne joue plus de rôle. Je ne porte plus de masque. Pas toujours parfaitement. Mais de plus en plus. Et c’est dans cet espace de vérité qu’Éclair Obscur est né.

La question

Quel masque portes-tu encore aujourd’hui parce que tu as oublié qu’il était possible de l’enlever ?

Et toi, qui es-tu vraiment quand personne ne regarde ?


Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.

Stiv

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