Dans la cour de récré lors du récital, j’ai vu des gens qui riaient de moi.
Certains souriaient. D’autres chantaient avec moi. Mais mon attention s’est posée sur les rieurs. Et mon cerveau a conclu : ils se moquent de moi.
Ce n’était peut-être pas vrai. Mais pour moi c’était la réalité absolue. Et cette réalité absolue a suffi pour que je quitte le récital en courant, les larmes aux yeux, et que je ne remette plus jamais les pieds dans une chorale.
Une perception. Une conclusion. Une décision de vie.
Ce qu’est vraiment la perception
La perception n’est pas la réalité. C’est le filtre à travers lequel on interprète la réalité.
Et ce filtre est construit à partir de tout ce qu’on a vécu. Nos blessures, nos peurs, nos croyances, nos expériences passées. L’enfant qui a été abandonné perçoit chaque distance comme un rejet. Celui qui a été humilié perçoit chaque regard comme un jugement. Celui qui a appris que les belles choses s’arrêtent perçoit chaque bonheur comme provisoire.
On ne voit pas le monde tel qu’il est. On le voit tel qu’on est.
Le mécanisme
Otto construit notre réalité avant même qu’on ait eu le temps de l’observer vraiment. Il prend les informations qui arrivent, les passe dans le filtre de toutes les expériences passées et nous livre une interprétation déjà colorée, déjà orientée, déjà chargée de sens.
Dans le magasin quand quelqu’un baisse les yeux après mon sourire, Otto dit il t’ignore, tu n’es pas intéressant. Mais peut-être que cette personne est simplement timide. Peut-être qu’elle pense à autre chose. Peut-être qu’elle a simplement peur du contact visuel.
Je ne le saurai jamais. Parce que j’ai déjà conclu.
Les filtres que j’ai construits
Maman qui ne revient pas a installé un filtre : les gens que tu aimes finissent par partir. L’oncle qui repart sans se retourner a renforcé ce filtre. Les collègues silencieux pendant 4 mois l’ont confirmé encore une fois.
Ce filtre me fait percevoir chaque distance comme un abandon. Chaque silence comme un rejet. Chaque absence comme une preuve que je ne compte pas vraiment.
Mais un filtre n’est pas une vérité. C’est une habitude de voir.
Et les habitudes peuvent changer.
Ce que j’apprends à faire
J’apprends à mettre un espace entre ce que je perçois et ce que je conclus. Un tout petit espace. Juste assez pour me demander : est-ce que je vois la réalité ou est-ce que je vois mon histoire ?
Pas toujours. Pas facilement. Mais de plus en plus.
Parce que chaque fois que je réussis à voir la réalité telle qu’elle est plutôt que telle que ma peur me la montre, quelque chose se libère. Un peu de légèreté. Un peu de clarté. Un peu moins de poids à porter.
La question
Quelle situation de ta vie tu interprètes peut-être à travers un vieux filtre qui ne correspond plus à ce qui se passe vraiment ?
Et toi, si tu enlevais tes filtres le temps d’un instant, qu’est-ce que tu verrais différemment ?
Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.
Stiv
