Jenny et la confiance reconstruite — qui la pilote vraiment ?

J’avais tout perdu.

Pas de domicile. Pas d’argent. Pas de famille. Pas d’amis. Pas confiance en personne. Pas confiance en moi.

Et là, dans ce chaos, il y avait Jenny. 17 ans. Qui ne comprenait pas vraiment ce qu’elle faisait là, avec moi, dans cet état. Mais qui restait quand même.

Je ne comprenais pas pourquoi elle s’intéressait à moi. Je n’avais rien à offrir. J’étais brisé, perdu, méfiant de tout et de tout le monde. Et elle voyait quelque chose que je ne voyais pas encore.

Ce que la méfiance protège

Quand on a été abandonné plusieurs fois, par les personnes qui étaient censées ne jamais partir, on apprend à ne faire confiance à personne. C’est logique. C’est même intelligent. Pourquoi s’attacher si c’est pour souffrir à nouveau ?

Otto avait intégré cette leçon parfaitement. Ne laisse personne trop près. Garde une distance de sécurité. Sois utile mais ne te montre pas vulnérable. Donne mais ne reçois pas trop. Comme ça si la personne part, la blessure sera moins profonde.

Sauf que cette stratégie empêche aussi d’être vraiment aimé. Parce qu’on ne peut pas être aimé vraiment si on ne se montre pas vraiment.

Ce que Jenny a fait

Elle n’a pas essayé de me réparer. Elle ne m’a pas demandé de changer. Elle m’a juste accepté comme j’étais, avec mes blessures, mes peurs, mes contradictions, ma méfiance.

Et dans cette acceptation quelque chose a commencé à se déceler. Lentement. Douloureusement parfois. La peur de l’abandon était toujours là. Elle est encore là aujourd’hui par moments. Mais Jenny est restée. Année après année. Et chaque année qu’elle restait apprenait quelque chose de nouveau à Otto.

Que certaines personnes restent. Que la confiance peut être reconstruite. Que la vulnérabilité n’est pas toujours dangereuse.

Ce que ça m’a appris

Aujourd’hui Jenny est la femme de ma vie et la mère de mes filles. Et je me demande parfois ce qui se serait passé si cette jeune fille de 17 ans avait baissé les yeux et continué son chemin comme les autres.

La confiance ne se reconstruit pas d’un coup. Elle se reconstruit un moment à la fois, une promesse tenue à la fois, une présence à la fois. C’est lent. C’est fragile. Et c’est la chose la plus précieuse qu’on puisse construire avec quelqu’un.

La question

Est-ce qu’il y a quelqu’un dans ta vie qui mérite plus de confiance que tu ne lui en accordes parce qu’une ancienne blessure t’en empêche ?

Et toi, quelle relation as-tu peut-être sabotée par peur d’être abandonné avant même qu’on t’abandonne ?


Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si quelque chose dans ces mots t’a touché, écris-moi. En attendant prends soin de toi et on se retrouve très vite pour un nouvel article pour découvrir qui pilote vraiment notre existence.

Stiv

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